L’Aventure d’une Elfe - Magic the Gathering


L’Aventure d’une Elfe

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Arwen, le , 17417 consultations , 15

Me voici de retour de ma petite aventure à la rencontre des diverses créatures peuplants notre monde « Magic ». Cette aventure, j’en suis sûre, vous intéressera puisque certains d’entre vous en font partis. C’est pourquoi, je vais vous la conter.

  Fun / Chroniques guerrières


Me voici de retour de ma petite aventure à la rencontre des diverses créatures peuplants notre monde « Magic » enfin, a vrai dire, petite n’est plus le mot… car cela devient peu à peu un périple qui n’est que le préambule de quelque chose de plus grand. Cette aventure vous intéressera puisque certains d’entre vous en font partis. C’est pourquoi, je vais vous la conter.


Chapitre 1
Le départ




Mon périple commença juste après un dernier verre dans La Taverne, chez Dimup. Je suis sortie du noble établissement fait de bois et à la façade ressemblant à nul pubs ou taverne de ce monde. J’étais ragaillardie par quelque boisson dont seul Dimup avait le secret…il ne vaut mieux d’ailleurs pas connaître ses secrets…ou vous ne boiriez plus jamais le moindre liquide…
Je mis mon lourd sac sur mes épaules recouvertes de ma cape Elfique. Cette cape, je doute que beaucoup d’entre vous l’aient déjà vue ou même la connaisse. Elle est originaire de la belle Lothlorien, refuge des Elfes de la Terre du Milieu et royaume de la belle Galadriel. Cette cape est réputée dans tout ce monde comme étant légère, chaude et d’une beauté incroyable. Celle-ci est due à l’étoffe qui la compose et à sa couleur d’un gris indéfinissable, elle est par moment grise puis change en bleu du crépuscule de la Lothlorien ou en vert des forêts profondes. Elle s’attache grâce à une broche d’une admirable qualité représentant la feuille verte, normalement dorée, venant des arbres de la forêt de Lothlorien. Mais ce monde n’est plus que légendaire, ce plan ayant depuis longtemps disparu des Mondes Accessibles.
Je me mis donc en route vers la première étape que j’avais prévue. J’ai décidé de faire route vers l’Est et donc de traverser la barrière que sont Les Hautes Montagnes. C’est en effet la seule route possible pour me rendre dans mes chères forêts pour voir les miens. Car tel était mon but. J’avais reçu une missive du conseil des Elfes. Une Assemblée allait être organisée au début de l’été… je ne voulais pas être pressée par le temps lors de ce voyage.
Je m’apprêtais à partir quand je sentis derrière moi un vent étrangement chaud et étouffant comme la brise de l’été dans la Grande Plaine. Il ne faisait aucun doute sur l’origine de cette chaleur soudaine par ce froid automnal. C’est donc sans surprise que je lançai au seul être de notre ville capable de rôtir un Armodon en moins d’une minute : « Salut Thanny ! Je suis désolée mais je ne peu rester ici plus longtemps ! (Le grand Dragon fut abasourdi mais je n’y fis pas attention) Je ne dois pas prendre de retard si je veux traverser Les Hautes Montagnes avant leur enneigement qui risque de venir plus tôt que d’habitude »
Le voyant si déçu, je ne pouvais me résoudre à le quitter de cette manière, si brusquement… Quand une idée me vint : « Va voir Dimup. Prends la consommation que tu souhaite et dis lui de la mettre sur mon ardoise »
Sa mine se réjouit et il découvrit alors les énormes crocs qui ornaient son impressionnante gueule. Il s’approcha et me fit la bise puis se retourna, se précipita vers la Taverne en provoquant un gigantesque craquement…Sans doute le bruit de la porte qu’il venait de briser.
Apaisée, je pris donc la route en saluant les différents habitants que je croisais dans la rue principale. La gaieté et le bonheur rayonnaient dans cette ville-royaume… sauf aux alentours de l’immense pyramide qui attendait le retour de son maître. Cela faisait un moment que je n’avais croisé Grhyll… je continuai mon chemin et quittai enfin le royaume en passant sous son porche immense. Mais, après une bonne heure de marche dans le froid matinal et dans ses brumes qui s’estompaient découvrant un ciel d’un bleu limpide, une pensée assombrit mon humeur que je croyais pourtant trop bonne pour disparaître… Quelle consommation ce grand dragon de Thannathos allait-il me faire mettre sur l’ardoise ?… Le pire était à craindre… Mais tant pis… j’aurais du y penser avant.
Je chassais vite cette sombre pensée et c’est donc avec un esprit apaisé mais pas pour autant tranquille que je continuais mon chemin à travers la Grande Plaine qui s’étendait devant moi avec en arrière plan « la » soleil (comme disent les miens) de midi surplombant les menaçantes Hautes Montagnes en leur donnant la couleur rouge sang qui les caractérise. Je savais que ces montagnes n’attendaient que moi. Ses habitants devaient jubiler à l’idée de la venue d’un Elfe… Que cela soit pour son bien ou pour en croquer les os. Mais ma mission était à ce prix. Je sais que j’ai été volontaire pour ce voyage, puisque c’est mon rôle d’émissaire autant de la Secte qui des miens… Mais je ne pourrais me résoudre à abandonner sous peine d’être la risée de la ville des Magiciens Fous et de briser la promesse que j’ai faite à leurs Trois Souverains ainsi qu’à leur divinité… Qu’Elbereth me protège de leur colère…
Ce ne fut que bien après la tombée du jour que je m’arrêtai pour la nuit. Fatiguée par une longue journée de marche (et du manque d’entraînement, je l’avoue) mais heureuse à la belle pensée de retrouver les miens et de n’avoir qu’une demi-journée de marche avant d’atteindre un village au pied des Hautes Montagne, je m’endormis rapidement près d’un feu et emmitouflée dans ma chaude cape. Quand soudain, mes sens me réveillèrent brusquement d’un doux rêve. Un bruit étrange d’une respiration inhumaine se fit à nouveau entendre à ma droite. Le bruit se faisait plus fort à mesure que son propriétaire s’avançait. La nuit sans lune ne permettait pas de voir plus qu’une ombre, même avec une vision d’Elfe. Cette ombre menaçante continuait à se rapprocher de moi, inexorablement…




Chapitre 2
L’Ombre Glaciale




Un froid glacial émanait de cette ombre inconnue. Elle avançait toujours plus avec ce son semblable à un râle. C’est évidemment dans ces moments, lorsque l’on a besoin de son arme, qu’on ne la trouve pas. Epée ainsi qu’arc et flèches étaient inévitablement bien au chaud dans mon sac qui n’était pas accessible pour le moment, cette région de la Grande Plaine n’étant pas assez dangereuse pour me préoccuper de ma sécurité…jusqu’à ce jour…
Le sentiment que j’éprouvais était vraiment désagréable. Je me sentais si touchable, si vulnérable…une situation qui ne me plaisait pas mais alors pas du tout.
L’ombre s’arrêtait par moment en poussant un gémissement étrange, effrayant mais aussi triste, comme une lamentation. Pendant que la créature poursuivait son avancée, Je fouillais de ma main le sol pour chercher le moindre instrument permettant de me défendre un minimum. Mais l’endroit que j’avais choisi pour dormir était fait de sable fin, idéal pour se reposer en comparaison à ces rochers qui m’entouraient. La route dont j’avais fait le choix était éloignée de la végétation des oasis. Quand soudain, ma main rencontra un objet fort intéressant : mon briquet. Quoi de mieux pour effacer les ténèbres qu’une source de lumière. Je serrais cet objet en attendant, tendue, le meilleur moment pour le jeter sur le foyer éteint devant moi. Le briquet contenant un liquide fabriqué par les sorciers des îles, le foyer, même mort depuis longtemps, s’embraserait facilement.
L’ombre, à mesure qu’elle s’approchait, semblait flotter à quelques centimètres du sol. Ce n’est que lorsqu’elle se trouva enfin à moins d’un mètre de moi que je lançai mon briquet vers le foyer. Une flamme jaillit alors brusquement provocant le recule de la créature. Cette flamme était d’un bleu électrique avant de virer à un jaune vif et aveuglant jetant une lumière comparable à l’astre solaire.
Je vis alors que la forme de l’ombre maintenant distincte avait reculé d’au moins trois mètres, se cachant encore la vue. Cette créature ressemblait à une femme d’un visage assez beau mais d’une pâleur irréelle. Ses cheveux étaient d’un gris métallique alors qu’elle ne paraissait pas si vieille. Elle était vêtue de lambeaux d’une robe de mariée, non pas blanche mais noire des profondes ténèbres. Seuls un pendentif à son cou ainsi que les bagues qui ornaient ses longs doigts squelettiques affublaient d’ongles étonnamment longs et pointus brillaient à la lueur de la flamme salvatrice.
Elle me regarda avec ses grands yeux gris pâles et se volatilisa comme une fumée. Son départ coïncidait avec l’apparition de l’aube grise à l’horizon.
Maintenant réveillée et trop préoccupée pour dormir plus longtemps, je rassemblai mes affaires, éteignis le feu et remis mon sac sur les épaules en ayant pris soin de sortir mon épée et mon arc. Je ne me referais plus jamais surprendre ainsi !
La principale raison pour laquelle je fus si préoccupée, c’est la présence de l’Ombre Glaciale dans la Grande Plaine. En effet, cette créature qui n’est pas un danger en soi, ne vit qu’à proximité de la malveillance habitant les marais comme le grand marais du sud : le Marennois, une région qui me répugne. Mais même dans les hivers les plus sombres de la Grande Plaine, l’Ombre Glaciale ne prend pas la peine de roder ici !
Quelque chose se préparait-il ? Je n’aurais pu le dire. Même mon instinct d’Elfe ne pouvait m’aider.
Le lever du jour me permis de penser à autre chose. Je décidai en effet d’allonger ma traversée de la Plaine en suivant la route des oasis. Celle ci serait plus sûre bien qu’elle augmente ma route d’une demi-journée. Je gagnerais alors le Village-au-pied-de-la-montagne à la tombée de la nuit…si rien d’autre d’étrange n’arrive d’ici là…




Chapitre 3
La route des Oasis



Le soleil se levait lentement sur la route des Oasis et je marchai à grands pas perdue dans mes pensées aux sons des diverses créatures vivantes dans cette partie de la Grande Plaine. Les seuls réels dangers qui se présenteraient à moi étaient quelques Gobelins que s’aventurent parfois loin de leurs chères montagnes. Rien d’effrayant donc...
Je me mis à regarder autour de moi. Les Oasis n’étaient pas loin : de nombreuses traces d’animaux assoiffés étaient visibles. Mais des empruntes de natures différentes attirèrent mon attention. Celles-ci semblaient relativement fraîches… faites cette nuit sans doute. Je poussai mon interprétation plus loin…c’était des fers à cheval… cette conclusion m’intrigua…personne ne vit avec des chevaux depuis des siècles ici ! Je décidai de les suivre…après tout, j’avais déjà allongé mon voyage d’une demi-journée, et personne ne m’attendait…
Tout en pistant les propriétaires de ces traces inconnues, je réfléchissais à leur nature. Plus aucun Centaures ne vivaient ici depuis des siècles ! Ils préfèrent les forêts du Nord, près des Iles ou la Petite Plaine, située entre les Hautes Montagnes et mes Forêts. Et puis rares sont ceux qui portent des fers…non, cela ne peut-être des Centaures. J’écartai aussitôt les autres hypothèses telles que les Licornes qui préfèrent éviter tout contact avec les Hommes des Plaines en restant dans leurs clairières des profondes forêts ou les Pégases, Mesa étant loin et ces créatures préférant la douceur des nuages à la dureté du sol.
Quant aux Hommes, la majorité ne s’aventurait jamais par ici. Seuls quelques téméraires, inconscients, chasseurs, habitants du Village-au-pied-de-la-montagne ou encore émissaires de l’Ouest venaient par ici. Or, la plupart de ces voyageurs entraient dans plusieurs de ces catégories !
Le soleil était maintenant au zénith et la fraîcheur matinale laissa place à la chaleur pesante de l’automne particulier en cette région. J’avais parcouru environ 6 milles (unité forte utilisée par les Elfes). La fatigue du voyage et d’une mauvaise nuit commençait à se faire sentir. Je ralentis alors mon allure et cherchai un endroit calme pour le repos et la réflexion. Mon choix se porta sur un petit ensemble de palmiers entourés d’un tapis d’herbe courte mais d’un vert tendre.
Je m’assis alors et observai autour de moi. A loin, un troupeau d’Armodons se dirigeait lui aussi vers une Oasis pour se rafraîchir. Des oiseaux de toutes sortes piaillaient, se disputant une datte ou tout autre fruit. Un faucon mordoré virevoltait en altitude et montait lentement en spirale porté par un courent ascendant et chaud. La nature semblait calme et normale. Je plongeai rapidement dans un sommeil fait de rêves elfiques en chantant quelques poèmes dans ma langue. Cette position permet aux Elfes de récupérer plus rapidement que dans un sommeil humain, ce qui ne nous dispense cependant pas de dormir pour être en possession de toutes nos forces !
Environ une heure après, je me remis en route. Je cherchai les empruntes des chevaux mystérieux pour les étudier plus en détail. Après une longue observation, un indice supplémentaire m’intrigua d’autant plus. Il s’agissait de la trace d’un Elfe. Or, les Elfes n’indiquent leur présence par une emprunte que pour une bonne raison. En effet, nous ne créons aucune trace à notre passage sauf si nous le voulons. Cette trace n’est alors visible que pour d’autres Elfes ou pour un œil particulièrement entraîné.
Le mystère ne faisait que s’épaissir lorsque après un mille, je trouvai une épée. Celle-ci était certainement elfique de par sa matière et la majorité des inscriptions qui la composait. Il y avait aussi d’autres inscriptions que je ne su déchiffrer. Mais elles appartenaient à un peuple de l’ombre. Je ne savais pas lequel. Peut-être les Cauchemars
Plus loin encore, toujours sur la même piste, je trouvai un arc et des flèches, ainsi qu’un bâton de combat. Le possesseur de ces objets, ainsi désarmé, devait être en danger…menacé par les propriétaires des traces…
Je continuais ma poursuite lorsqu’un appel se fit entendre. Une voix profonde, pleine de détresse mais aussi de colère. Elle se fit entendre à nouveau. J’accélérai mon pas. C’était de l’elfique. « Mornie utùlië, Mornie utùlië ! » Je peux le traduire par « Les ténèbres sont venues ! » Dans ce contexte, c’est un appel à l’aide. Je m’approchai alors du lieu d’où venait la voix. Je me cachai derrière des buissons et observai la situation. Des cavaliers mystérieux malmenaient un Elfe tout aussi étrange…



Chapitre 4
Deux Elfes et des pillards



« Mornie utùlië ! »
Un coup sec se fit entendre, suivit d’un hurlement. Celui-ci était plus de rage que de douleur.
« Ferme la et défends-toi, créature immonde dit une voix grave et nasillarde suivie de rires et de gloussements.
Je m’approchai doucement pour voir cinq cavaliers, tous humains, tourner autour de l’Elfe inconnu, le frappant avec arc, bâton ou étendard, et l’insultant en Langue Commune de mots que je n’oserais rapporter. Leur chevaux étaient visiblement mal traités mais tout de même magnifiques. Il y avait quatre alezans et un gris parés de crânes et d’os. L’un d’entre eux avait la tête protégée par un casque fait d’un crâne de Dragon.
« Alors, bestiole des forêts, on est perdu sans sa verdure ? ». L’homme qui parlait était chauve et avait une affreuse barbe. Le bandana qu’il portait sur la tête me permis de l’identifier : Grishnack, chef des Pillards de l’Erg. Ils sévissent habituellement dans le sud de la Grande Plaine et au nord du Marennois… encore un phénomène troublant.
« Mornie utùlië ! »
Dans toute cette réflexion, j’en avais oublié l’Elfe mystérieux. Je ne pouvais le laisser ainsi. Il fallait agir. Mais seule et épuisée, je ne pouvais vaincre cinq cavaliers surexcités. Il fallait donc réarmer l’Elfe. A deux, cela irait mieux.
J’agrippai mon arc et une flèche. Je pris le temps de viser et de bander mon arme…attendant, calmement, le moment le plus propice, retenant ma respiration…quand le coups parti. La flèche fendit l’air avec un sifflement tel le bruit des ailes d’une chouette fondant sur sa proie. La pointe se ficha au milieu du bandana de Grishnack le Pillard. Il s’effondra sur le coup, provoquant la fuite de sa monture vers l’oasis la plus proche et la surprise des autres cavaliers qui n’arrivaient pas à définir l’origine du tir…Contrairement à l’Elfe qui me fixa. Je lui montrai ses armes et pris mon épée. Je glissai silencieusement vers la gauche, puis, à une vitesse fulgurante, je m’élançai vers les pillards paniqués en criant
« Elendil, Mornie alantia ! » (Elendil, les ténèbres tomberont)
Je décapitai un cavalier, son corps fut emmené par sa monture au loin pendant que l’Elfe, maintenant armé, sauta gracieusement sur la croupe du cheval gris et fit tomber son cavalier. Le destrier du dernier se cabra à mon ordre provoquant la chute du pillard qui se sauva en rampant, laissant son étendard derrière lui.
Je pris le cheval par la bride et allai à la rencontre de l’Elfe mystérieux à qui je rendis les autres armes (bâton et arc)
« Mornie alantië, dis-je (les ténèbres sont tombées)
- En effet, merci »
L’Elfe était assez grand. Sa peau était mate et foncées, comme le bronzage des Hommes travaillant au soleil. Ses yeux semblaient absorber la lumière par leur noirceur et ses cheveux étaient d’un noir de jais.
« Eh oh ! fit-il en passant sa longue main ensanglantée me ramenant à la réalité
Comment ?
Quel est le nom de l’Elfe qui m’a secourue ?
- Arwen Undomiel…mais par ici, je suis Arwen l’Elfe. Je vis une ombre assombrir son visage lorsque je mentionnai le mot « elfe »
Tu es blessé ? demandai-je
Non, ça va…j’ai connu pire
Tu ne t’es pas présenté…
Pardon, je me nomme Pouy…
A ce nom, je sursautai. Il s’en rendit compte et baissa les yeux. Ma réaction était due à la connaissance d’une légende elfique qui prétendait que, dans le sud de mes chères Forêts, à la Triple Frontière, habitait un peuple d’Elfes qui avaient des relations privilégiées avec un peuple de l’ombre, les Cauchemars. Un jour, une Elfe tomba amoureuse d’un de ces Cauchemars. Celle-ci donna naissance à un enfant, mi-Elfe, mi-Cauchemar. Il fut élevé par ses parents qui n’étaient pas bien vus par leur peuple. Mais ils étaient trop importants pour être exclus. Alors que l’enfant se baladait, les parents furent attaqués par quelque chose. Personne ne su quoi, mais les Esprits de la Forêt parlent d’un mystérieux dieu du mal. Le semi-Elfe devint orphelin car rejeté par les deux peuples. La partie de la forêt fut maudite et l’enfant partit pour parcourir le monde à la recherche d’un but à sa vie.
Si je rappelle cette histoire, c’est que son titre est « Pouy ». Je crois me souvenir que cela signifie « lumière de l’ombre » dans une ancienne langue des peuples noirs.
« Je devrais te laisser maintenant…Suis-je loin du Village des Trois Souverains ?
-non, tu es à environ 25 milles, tu iras vite à cheval…Tu connais ce Village ?
- Oui, un homme m’en a parlé. Un certain Yoy. Le connais-tu ?
Yoy ? Mais bien sûr ! qui ne le connaît pas !
Cela fait longtemps que je ne suis pas allé dans ce Village.
En effet ! ce n’est plus un village mais une Ville depuis sa reconstruction.
Reconstruction ?
- Oui, le centre de la ville ou Forum fut détruit par une puissance inconnue. Maintenant, tout est neuf. Je te conseil la Taverne de Dimup…Dis lui que tu viens de ma part…mais ne mets rien sur mon ardoise ! Dimup s’occupera de toi. Et demande Exterminateur ou Souben si tu veux un entretient avec les Souverains.
Merci bien. »
Il monta sur le cheval gris et me lança un dernier regard que je ne su interpréter. Gratitude ? Amertume ? Les deux sans doute. Je lui lançai alors ces dernières paroles :
« Qu’Elendil guide tes pas ! J’espère que l’on se reverra !
- Moi aussi » dit-il et il mis sa monture au galop vers l’Ouest rougit par le coucher du soleil.
Je regardai alors mon nouveau compagnon. Ce bel alezan me conduira plus rapidement vers les Hautes Montagnes. Mais je ne repartirais qu’après une bonne nuit de sommeil. Je pris le cheval par la bride et le conduisis vers l’Oasis pour nous désaltérer tout en réfléchissant à la façon de le nommer. Je le dessellai et l’attachai au tronc d’un palmier. Je m’installai pour la nuit avec mon épée près de moi malgré la sûreté du lieu à laquelle je ne pouvais me fier. J’attendis que les étoiles s’illuminent, dis une prière et m’endormis promptement.




Chapitre 5
Le Village au pied de la montagne



Je fus réveillée juste avant l’aube par un cheval. C’était l’un des chevaux des pillards. Il était lui aussi alezan mais il avait en plus de grandes balzanes donnant l’impression d’avoir marché dans un lac de lait. Il était légèrement blessé à l’antérieur gauche.
Je me levai et m’étirai en respirant l’air frais du matin puis, je m’approchai lentement de l’animal en prononçant des mots elfiques pour l’apaiser et le soigner. L’autre monture piaffait, voulant sans doute rejoindre son congénère.
Après avoir appliqué un baume constitué de plantes médicinales, je lui enlevai l’horrible harnachement et le crâne de Dragon qui ornait sa tête. Il appuya affectueusement ses naseaux sur mon épaule en signe de reconnaissance.
Au-dessus de moi, le ciel était limpide et l’air transparent avec les teintes pastelles caractéristiques du lever du soleil qui pourtant tardait à venir. De gros nuages menaçants étaient accrochés aux sommets des Hautes Montagnes, si bien que le soleil ne se montra que bien après l’aube.
Je détachai le bel alezan que j’avais nommé Brego, et j’enlevai son filet. Je n’en avais plus besoin : j’avais conquis sa confiance et la monte elfique se faisait sans attache. Je sautai donc sur son dos nu et il se mit au petit trot. J’eu la surprise de voir l’autre cheval nous suivre en boitant légèrement. Il n’avait pas l’air de souffrir mais je le surveillais tout de même.
Nous allions bon train vers le Village. Nous nous arrêtions souvent à cause de la blessure qui se révéla plus importante qu’elle ne le laissait croire. Elle avait due être faite par quelque plante empoisonnée mais plusieurs applications de ce baume et beaucoup d’eau suffiront à en détruire les effets. Il ne resterait alors qu’une petite cicatrice.
Habituée à la solitude lors de mes voyages, je goûtais pour la première fois à la joie d’avoir des compagnons de route. Bien qu’animal, la présence de ces Chevaux emplissait mon cœur d’une chaleur étonnante. C’est donc avec plaisir que nous continuâmes notre route à travers les Oasis de la Grande Plaine.
Le soleil était déjà haut et descendait quand mes deux compagnons se mirent au petit galop. Je me laissai alors bercer par l’allure cadencée sentant Brego contracter puis relâcher ses muscles dans un balancement régulier et agréable. Je fermai les yeux et respirai l’air doux tout en appréciant ce rythme. Puis les foulées s’allongèrent de plus en plus. Sans le son des sabots sur la piste sableuse, je me serais cru sur le dos d’un Pégase survolant légèrement le sol.
Mais après un long moment, le galop se fit plus irrégulier. Les équidés ne s’amusaient plus. Ils étaient nerveux et ils ralentissaient leur allure pour arriver au pas. C’est en ouvrant les yeux que je compris pourquoi. Nous nous approchions du Village… enfin, ce qu’il en restait…

Des volutes de fumée s’élevaient vers le ciel et quelques foyers étaient encore en train de se nourrir des boiseries d’une maison. Les chevaux s’immobilisèrent. Je mis pied à terre en contemplant la désolation. Je déambulais aveuglément dans la ville ne croyant ce que je voyais. Le village qui était plein de vie et de chants n’avait pu disparaître ainsi ! Quel malheur avait frappé les habitants dont quelques corps gisaient encore ? Quelle force destructrice avait pu créer une telle désolation ? Aucune réponse ne vint à mon esprit… Cela faisait un moment que je marchais ainsi et je venais de réaliser que mes compagnons de route étaient restés à l’entrée du Village.
Le ciel commençait à arborer ses couleurs du soir et les ombres s’agrandissaient peu à peu. Quand je vis, au bout de la rue que je traversais, une ombre étrange… non, pas une ombre… C’était un individu vêtu de noir, une sorte de capuche cachait son visage…s’il en avait un… Je m’approchais lentement en préparant mon arc que j’avais sorti en pénétrant dans le village. J’avais encoché une flèche, prête à tirer :
« Eh là, étranger, Qui es-tu ? »
…Aucune réponse. Il se contenta d’avancer vers moi. Tendue, j’étais prête à lui faire goûter de ma flèche. Il n’avait rien d’une attitude offensive mais je me méfiais après les récents évènements.
Quand soudain, un chat sorti d’on ne sait où et fondit sur moi avec un miaulement irréel puis disparu. Surprise, je lâchais la flèche qui partit et, avec son sifflement caractéristique, elle se dirigea vers le cœur de l’individu en noir. L’étranger sembla alors absorber la lumière autour de lui, renforçant l’impression que les ténèbres émanaient de lui. Je compris immédiatement ce qu’il se passait. C’était un Initié de la Science du Mana. La flèche s’arrêta juste devant lui puis éclata en copeaux.
Il continua alors son approche… je regrettais amèrement de ne pas m’être entraînée depuis si longtemps au combat de magie…j’étais si rouillée ! Il leva alors un bras…Je me préparai mentalement à une riposte, cherchant dans ma mémoire un quelconque sort ou rituel pouvant me protéger… Je sentais déjà le pouvoir du Mana vert et celui du Mana blanc dans mon cœur quand…quand une voix familière me cria :
« Arrête ! N’utilise pas de Mana pour rien ! »
J’ouvris les yeux mais c’était trop tard. Je fus violemment projetée en arrière contre le mur d’une maison en ruine. Quelques briques me tombèrent sur la tête. Me levant lentement, une main sur le crâne, je répliquai d’un ton brusque :
« Si tu ne m’avais pas arrêté, je l’aurais utilisé ce Mana… Et puis, que fais-tu là, Exterminateur ?
- J’allais te poser la même question… Cela fait deux jours que tu aurais dû être sur les pentes des Hautes Montagnes !
Des évènements étranges troubles ce monde
Etranges ? Ailleurs aussi ?
Je lui fis alors un bref récit des premiers jours de mon voyage en détaillant l’Ombre Glaciale et les Pillards de l’Erg…Ou même Pouy…Mais sur ce point, il fut moins surpris que moi…
« Au fait, tu n’as pas répondu à ma question, Grhyll.
- Pardon, je suis ici pour voir où en est…en était la commende de bière. Cela fait trois jours que Dimup l’attend… et à la vitesse où Thanathos à finit la réserve… »
A ces mots, je souris légèrement… c’est donc de la bière que j’allais devoir payer…Nous continuâmes à parler longuement de la SMF et de ces habitants, à partager nos impressions sur la politique de la Ville.
Nous nous approchions d’une maison tenant encore debout par je ne sais quel miracle quand un vieil homme surgit de l’ombre et m’agrippa férocement le bras :
« Partez, fuyez, le Chaos est là, le Mal est de retour…disait-il de sa voix roque, partez…
Calme-toi vieil homme, dis-je, et sois plus clair
Laisses le et viens, me lança Exterminateur.
- Ô Noble Elfe et Puissant Mage, il est trop tard…partez avent le coucher du soleil…ou vous périrez !
- Explique-toi, je…nous pouvons t’aider…
- Non, pour moi, c’est fini. Ils m’ont pris la vue et une jambe… je mourrais ce soir…ils prendront mon cœur…Mais vous, fuyez…tant qu’il est encore temps…Il revient, dit-il en se tournant vers Grhyll, Il revient. Ni vous, Ni les Trois ne le vaincront cette fois…personne ne le peut…" »
Puis, il s’écroula, inanimé. Bouleversée par cette rencontre et intriguée par cette énigme, je me tenais immobile. Le mage noir me pria de reprendre notre chemin mais je voulais lui faire des funérailles à la manière des Hommes, bien que l’Exterminateur me soutenait que c’était inutile. Il ne réagissait pas comme d’habitude et avait l’air pressé que je parte. Je su alors qu’il me cachait des choses…. Comme la véritable raison de sa présence ici. Mais je n’allais pas tarder à savoir de quoi il retournait…
En effet, le soleil retirait ses derniers rayons du ciel et déjà, des sons étranges accompagnés d’un tremblement détruisant au passage quelques maisons se faisaient entendre. Mais cette situation n’avait guère l’air d’inquiéter le Mage…


Chapitre 6
Du Mana, un combat et des zombies.



Plus l’obscurité avançait, plus l’air était lourd et chargé d’une odeur de pourriture. Le sol tremblait furieusement. Nous vîmes alors un étendard surgir du sol, suivie de mains putrides et de coutelas ensanglantés.
Exterminateur avait l’air ravi de les voir. Il trépignait et me dit d’une voix enthousiaste :
« Tu devrais filer, j’en fais mon affaire…
- Ton affaire ? Le coupais-je. Non mais ça ne va pas ! Tu es devenu fou ?
- Non…mais file…
- Je resterai ici tant que tu ne m’auras pas expliq… »
Je n’eu pas le temps de finir ma phrase. Un mort vivant venait de m’attaquer par derrière et m’enserra le visage d’une main desséchée, l’autre tenant un poignard prêt à me trancher la gorge. Je vis alors Exterminateur de nouveau absorber la lumière autour de lui. L’emprise du zombie sur moi se fit plus faible puis, d’un craquement, il retourna sous terre.
Je repris ma respiration et sortis mon épée.
« Tu n’es vraiment pas bien toi…
- Moi ? Je t’ai prié de partir. Tu ne le veux pas ? Très bien, tant pis pour toi.
- Extermin… »
Encore une fois, je ne pu terminer ma phrase. La terre trembla à nouveau autour de moi. Mais ce n’était pas des zombies qui en sortaient. Une énorme palissade faite de poteaux en bois s’élevait maintenant autour de moi : un Mur de lances m’entourait. Je ne pouvais rien faire sans me blesser ou même me tuer. « Ah, Exterminateur…si je t’ai sous Elsila… » murmurais-je en donnant un coup de mon épée sur le mur de lance qui n’eu qu’une écharde en moins. Je m’assis donc à terre regardant le ciel voilé au-dessus du mur et écoutant le combat que se livraient les zombies et le Mage. Ne disait-il pas « face à un mage, utilise des techniques de mages ». C’est donc grâce au Mana que j’allais m’échapper… mais que faire contre un artefact ? La réponse me paru si évidente que je m’en voulais de ne pas y avoir songé auparavant.
Je me levai donc brusquement et me concentra. Il ne fallait pas faire d’erreur. Je n’avais guère envie de me refaire projeter dans les airs ! J’imaginais la Petite Plaine, ses herbes hautes et ses rares arbres…le Mana blanc commençait à battre dans mes tempes…Puis, la lisière de mes chères forêts avec ses grands arbres et sa végétation… le Mana vert s’ajouta alors. J’ouvris les yeux qui avaient maintenant des lueurs blanches et vertes, j’avançai les mains vers le mur en prononçant lentement et d’une voix basse « désenchantement »
Le mur se mit à trembler et s’enfonça dans le sol rapidement jusqu’à disparaître. Je vis alors Exterminateur de dos qui se débattait furieusement avec deux zombies, l’un devant lui, l’autre sur son dos. Je m’avançais alors avec Elsila et décapitai le mort-vivant sur le dos du Mage. Libéré, il se débarrassa alors du second et se tourna vers moi, l’air ahuri :
« Comment tu…
- un Désenchantement…mais là n’est pas la question… je déteste être mise à l’écart ainsi. Tu crois me protéger mais sache que je connais quelques tours aussi.
- Alors montre-le-moi » dit-il avec un sourire en regardant derrière moi. Je me retournai doucement et vis une centaine de morts marchant sur nous.

« La légion sectionnée …avec un Zombie récurrent vu sa tête , me dit-il, vas-y ma belle Elfe…je te laisse faire…
- Je n’aime pas ce ton sarcastique…tu te bats avec moi Exterminateur. Encore deux heures à tenir avant l’Aube… »
Mais le mage ne bougea pas. La Légion s’avançait sur nous…non…sur moi… ils avaient l’air d’ignorer le Mage qui recula, entouré de ténèbres.
« Aller, montre moi l’art Elfique ! »

Une peur m’envahi quand je vis la centaine de créatures s’avancer inexorablement vers moi…Prise de panique, je me murmurais des vers Elfiques pour me rassurer, puis, comme précédemment, j’imaginai les paysages de la lisière des Forêts et de la Petite Plaine. Lentement, j’ouvris les yeux et avançai les mains. Les créatures avaient pris au moins dix mètres. Puis, pour couvrir les grincements et les craquements, je criai d’une voix forte mais claire : « Bois Profond » . Le sol fut de nouveau prit de secousses. Des branches sortirent de la terre et en un instant, une immense forêt me séparait des premières créatures prêtes à me poignarder.
« Pas mal…mais pas suffisant, ce n’est qu’un rituel »
Furieuse qu’il ait raison, je cherchai quelle créature pouvait m’aider… Seule les créatures noires ou les artefacts peuvent m’être utiles…Or je déteste le noir…reste les artefacts. Je réfléchissais aux paysages qui me faudrait imaginer… Six lieux… Sic autres lieux que la Petite Plaine et la lisière de la forêt…Il fallait me dépêcher…déjà, les arbres commencer à disparaître.
Je pris ma respiration et me concentrai. Je vis Brinbois et ses petits et jeunes arbres. La Forêt de Krosia et ses puissants feuillus, Printarbre et son perpétuel printemps, puis la Grande Plaine et le Camp Daru … Il ne m’en manquait plus qu’un seul…ce fut, contre toute attente la Caverne Oubliée où j’avais trouvé refuge longtemps auparavant. J’ouvris les yeux et prononçai, alors que les arbres avaient disparu et que les créatures avançaient de nouveau, le nom de celle que j’invoquais :
« Golem d’obsianite »
Une imposante statue, les yeux rouges, apparut entre moi et les créatures qui ne se préoccupèrent pas du Golem atteint par le mal d’invocation. Un Zombie bondit sur moi avec son poignard et me fit deux entailles qui saignèrent immédiatement au bras. Je n’avais pu réagir… fatiguée par l’invocation dont je ne suis pas habituée.
Puis, le géant de pierre se retourna. La légion prit conscience de lui mais trop tard. Il s’abaissa et les envoya à terre du plat de la main. Ils retournèrent sous terre. Je pensais que j’avais réussi mais j’étais dans l’erreur. Il restait le Zombie Récurrent. Il profita de l’inattention du Golem, occupé à savourer sa victoire, pour fondre sur moi. Cette fois, remise de l’invocation, je sortis mon épée et le décapitai. Il s’enfonça dans le sol comme les autres.
J’entendis des applaudissements
« Bravo ! Vraiment, bravo pour ce spectacle !
- Oh… Exterminateur, n’en rajoute pas.
- Comment ? C’est comme ceci que tu parles à un ami ?
- Un ami qui voulait me tuer !
- Boaf, je ne voulais que…
- …que faire ton marché ici : « tiens, et si j’allais recruter une Légion sectionnée ? » …Tu me dégoûte.
- et toi, tu m’impressionne
- Quoi ?
- Oui, tu m’impressionne. Le coup du Désenchantement et le bois profond étaient logiques…Mais le Golem, fit-il en regardant le géant de pierre, très bon contrat de Mana !
- Euh…Merci, dis-je, septique et quelque peu gênée puis, je me tournai vers le Golem.
« Merci mon ami.
-De rien, c’est une joie de t’aider, Elfe » dit-il avec une voix profonde et rocailleuse. Puis, il s’évanouit dans un nuage de fumée.
Je me retournai vers Exterminateur et le fixai. L’air se faisait plus léger et l’aube grise s’annonçait derrière les Hautes Montagnes.
Mes pensées quittèrent le Mage et se fixèrent sur ma prochaine étape. Le problème était que je n’y avais pas encore réfléchi. Mon projet était d’arriver jusqu’ici puis de rester quelques jours afin de faire des provisions et me reposer…Ah, le repos. J’en avais bien besoin en ce moment. Le combat m’avait épuisé encore d’avantage. Mais il n’y avait plus rien ici. Il fallait me passer de repos, peut-être devrais-je…
« Eh oh ! A quoi penses-tu ?
-Pardon ? A quoi je…A ma prochaine étape et à un sommeil nécessitant du repos.
-Tu ne devrais pas rester ici, ce n’est pas un endroit pour le repos.
-Mm, je sais. Je vais chercher Brigo et son compagnon. Et toi, tes projets ?
-Mes projets> ? et bien, je retourne à la SMF faire un rapport aux Trois Souverains et dire à Dimup de se trouver un autre fournisseur…
-Et ?
-Et…c’est tout…
-Mouais, « Ne te mêle jamais des affaires des Magiciens, ils sont astucieux et prompt à la colère » murmurais-je, me souvenant d’où provenait cette expression.
-Comment ?
-Rien. Sache juste qu’un Elfe perçoit beaucoup dans les silences et dans les regards…Même si je ne vois pas le tien. »
Nous avançâmes jusqu’à la porte du village et rejoignîmes mes compagnons de route qui broutaient paisiblement l’herbe au pied d’une grande falaise, signe du début des Hautes Montagnes. Les premiers rayons de l’astre solaire commençaient à dépasser les sommets et se réfléchissaient sur les nuages blancs qui les diffusaient dans le ciel. Après quelques mots, Exterminateur reparti vers l’Ouest refusant de prendre un cheval. Quant à moi, je me reposai un peu à l’extérieur de la ville en ruine, mangeant le Lembas auprès des équidés.
Je ne repris la route qu’en fin de matinée et empruntai un chemin plutôt accidenté à travers les montagnes, ne sachant pas quels dangers j’allais encore trouver.


Chapitre 7
Entrée sur les Terres Gobelines.



Cela faisait deux heures que j’avais quitté le Village en ruine. Le soleil était passé à l’Ouest et amorçait sa descente. Nous grimpions de plus en plus, mes compagnons et moi, vers le haut de la Montagne en empruntant un chemin en lacet et très accidenté. Mais les équidés avaient le pied sûr et ils m’emmenaient vers les hauts au pas mais avec une incroyable sécurité malgré le précipice à ma gauche et la paroi raide à ma droite. Les roches étaient d’un rouge sombre et semblaient composées de minerai de fer mais aussi de pierre de Mana…Ce qui n’était guère probable. Le Mana ne se trouve pas à l’état naturel…ou en tout cas, pas de cette manière.
Les alentours semblaient vides. Il n’y avait aucun être vivant ni aucun bruit hormis celui des sabots des chevaux. Plus nous montions, plus la végétation disparaissait pour laisser place exclusivement à cette couleur rouge, entêtante pour un Elfe. Le vent devenait de plus en plus froid à mesure que nous avancions. Parfois, nous entendions l’écho d’une quelconque rivière souterraine qui sortait à l’air libre pour replonger dans les profondeurs de cette terre. Pourtant, je savais qu’il ne fallait pas se fier à cette illusion de désert…Je sentais d’ailleurs des regards nous épier.
Autour de nous, il n’y avait que roches, falaises, à-pics et pitons rocheux. Nous continuions le chemin qui montait toujours plus et toujours plus fort. Je du descendre de Brego pour lui faciliter la tâche. Une sombre pensée m’envahit doucement. Si nous devions escalader une paroi verticale, les chevaux ne pourraient me suivre…terrible idée que celle de la séparation.
Le Soleil était encore bien au-dessus de nous lorsque nous arrivâmes sur un petit plateau. Un torrent sortait des entrailles de la terre en une petite cascade d’eau pure. De la végétation poussait autour du cour d’eau sous forme d’une herbe rase et de petits buissons aux fruits rouges comestibles mais non goûteux. Nous nous désaltérâmes et restâmes un long moment dans cet endroit que l’on pourrait qualifier d’Oasis…en tout cas, cela en était une pour un Elfe.
Ici, on entendait les sons de présence et de vie. Des empruntes étaient visibles. Il y avait des traces de bouquetins, courants dans cette région. Mais il y avait aussi, chose qui m’intéressait plus, des gobelins…Une dizaine était passée par ici deux jours auparavant. Cela fesait bien longtemps que je n’avais vu leur maître… malheureusement, le temps ne me permettait pas de m’attarder.
Après plus ample réflexion, je décidai de passer la nuit ici. Je m’installai près d’une cavité dans la roche. Je n’allais pas allumer de feu…trop risqué. Je n’allais pas non plus oublier mes armes… beaucoup trop risqué.
La nuit se passa finalement sans encombre. C’était une nuit calme et claire grâce à la présence de la lune dans son plein. L’air était pur aussi et l’eau me berçait de son chuchotement entre les rochers.
Le matin clair était là mais le soleil avait peine à ce placer au-dessus des Montagnes si bien que nous marchâmes longuement dans les ombres qui peu à peu, se cachaient dans leur trou.
Nous marchions depuis fort longtemps quand un grognement se fit entendre. Brego s’arrêta net. Le grognement recommença…mais se n’était pas un simple grognement…c’était un langage :
« Halte là, étranger des forêts…présente-toi » dit le gobelin. Il était petit et vert, comme tous ses semblables. Il nous menaçait avec une lance dont la lame brillante présentait plusieurs tâches rouges qui avaient pour origine certaine quelques jus de fruits…Je lui répondit dans son langage que, pour plus de commodités, je transcris en Langage Commun :
« Je suis Elfe de Profonde Forêt, au-delà de la Forêt Quirionnaise. Je dois traverser ton territoire pour me rendre de l’autre côté des Hautes Montagnes et rejoindre la Petite Pleine.
- Moi, Piquier Gobelin, dit le gobelin en levant son arme, je ne peux accepter ta requête…mes ordres sont clairs : Non, tu ne dois laisser personne entrer pas ton poste qu’ils ont dit…alors j’obéis.
- Je n’ai guère envie de me battre aujourd’hui et guère le temps de décrire mon mécontentement à ton Maître…Laisses moi passer par les Trois Souverains…
- Qu’as-tu dit ? Demanda le gobelin les yeux écarquillés.
- …Euh, j’ai parlé des Trois Souverains et de ton maître…Pourquoi ?
- Connais-tu Sa Majesté Mon Maître ?
- Euh…oui
- Alors tu dois être l’Aimée de mon Maître !
Pardon ?
Mais oui ! L’Aimée de mon Maître ! l’Elfe dont il n’arrête pas de parler !
…l’Aimée… incroyable… Mais assez bavardé, je dois te quitter ici, dis-je fermement en touchant mon épée.
Bi-bien entendu, bégaya-t-il, sa lame tremblant entre ses mains, mais vos bêtes ne pourront pas vous suivre bien longtemps. Et surtout lors de votre retour, venez lui rendre visite… il se morfond de votre absence…
Je n’y manquerai pas Dramir, je n’y manquerai pas. »
C’est ainsi que je pénétrai dans les Terres Gobelines.
Après de nombreux Miles à travers les montagnes, je me rendis compte de la véracité des dires de Dramir…Devant nous, une immense falaise infranchissable pour des êtres à quatre pattes… Mais que pouvais-je faire d’autre ? Aucun autre chemin ne menait à la Petite Plaine… Le doute m’assailli. Je restai la devant la falaise tout le jour et une grande moitié de la nuit. Brego et Pied-de-lait broutaient paisiblement sur le plateau du Pays Gobelin…Mais que faire ? Au milieu de la nuit, je me décidai à dormir…La nuit porte conseil à ceux qui en demande.


Chapitre 8
Perdue dans la montagne





Cela faisait maintenant quatre jours et quatre nuits que nous nous perdions sur les chemins tortueux des Hautes Montagnes. Je n’avais aucun moyen de savoir où nous étions et mes vivres commençaient à manquer. Un nouveau jour semblait s’être levé. Le cinquième depuis mon passage devant Dramir le Piquier Gobelin. L’aube était grise et oppressante. Le vent était froid et piquant. L’hiver approchait à grand pas. Mais l’hiver des Hautes Montagnes était étrange. La neige et la glace peuvent tout immobiliser comme dans les récits des Anciens de l’Ere Glacière sur le flanc Ouest alors que cette saison semble ne pas exister sur le flanc est, vers la Petite Plaine.
Nous avions tout de même de la chance de trouver les nombreuses « Oasis vertes » dans les montagnes. Cela en était réconfortant et reposant. Mais je me demandais souvent si j’avais pris le bon chemin, la bonne décision face à cette falaise. Mon cœur se faisait lourd maintenant. Jusqu’à présent, j’avais su gérer les défis et surpasser les épreuves que je rencontrais. Mais depuis mon entrée dans la Terre des Sommets, au-delà des Terres Gobelines, rien ne va plus.
Cela avait commencé le matin devant la Falaise. Une bête, le Glouton à éperons avec son pelage noir et blanc, ses yeux rouge sang et sa mâchoire féroce, s’est attaquée aux chevaux. Le hennissement de mes compagnons m’avait réveillé en sursaut. La main sur ElSila, je m’étais levée brutalement et, après quelques secondes d’analyse, je m’étais opposée à la bête et une bagarre s’était engagée. Après dix minutes d’un combat acharné, j’avais eu raison de lui avec en prime une blessure. Mon bras gauche était gravement entaillé. Je ne mis en écharpe. Je l’ai gardé deux jours…
Les deux jours suivants, je ne pouvais que fuir. Je n’avais plus de courage et la joie m’avait quitté. Je n’étais habitée que de sombres pensées qui me parlaient d’abandons et de fuite…toujours de fuite. Mais je restais. Dramir avait eu raison…mais je n’abandonnerai pas. Je changerai de chemin sans doute, mais j’arriverai à mon but.
J’arrêtai soudain mes considérations philosophiques. Le chemin tortueux se séparait devant moi. D’autres questions m’assaillirent. Quelle direction prendre ? Le chemin de l’Est m’approcherait du bu mais à l’ouest, il était plus facile. Cela faisait une demi-heure que j’étais debout, indécise. Brego et Pied-de-lait broutaient les quelques brins d’herbes sèches coincée entres les rochers. Le silence oppressant était toujours là. Et tout était hostile.
Je décidai de reprendre des forces et de suspendre ma réflexion. C’est à ce moment là que je me sentis observée…Au moins trois créatures. L’une en haut de la falaise, à ma droite. L’autre derrière, au niveau d’une cavité. La dernière à gauche, derrière les rochers. Je songeai de ne pas en tenir compte…enfin, plutôt de faire semblant de ne pas les savoir là. Je les surveillerai, le temps de mon repos, ne sachant pas leur volonté.


Chapitre 9
Mana rouge



Je me sentais vraiment mal à l’aise dans ces montagnes. Le Mana rouge était si présent, si oppressant…j’avais finalement choisi le chemin qui mène vers l’Est. C’était encore un de ces chemins qui ne font que monter, tourner, monter encore et toujours plus. Mais nous tenions bon. J’avais repris espoir malgré les difficultés et je sentais de nouveau le Mana Vert et le Mana blanc majoritairement dans mes veines, mais aussi le Mana Bleu que j’avais apprivoisé, il y a un moment déjà.
Lors d’un arrêt, je tentai d’étudier le Mana Rouge qui composait la Montagne. Car il était clair à présent que ce Mana était partout autour de moi. J’avais décidé de l’apprivoiser au lieu de m’y opposer. Cela m’aiderait sans doute pour la traversée de cette Montagne Terrible.
Il m’arrivait souvent de repenser aux Règles et aux Leçons de l’Ancienne Magie données par les Grands et Nobles Elfes. J’avais quelques notions théoriques de l’utilisation de ce Mana ainsi que quelques sorts sous son influence mais aucune pratique. Il avait été décidé que je ne me consacrerais uniquement à l’association vert/blanc. Décision arbitraire que j’avais toujours eu du mal à accepter. Mais maintenant maîtresse de mes actes, j’allais pouvoir m’initier à ce Mana comme je l’avais déjà fait avec le Mana Bleu lors de mes visites sur les Iles Elfiques, au-delà des villes côtières des Magiciens. Mais ces voyages ne pouvaient plus se faire depuis la guerre entre les Elfes et les Sorciers…mais ces récits ne rentrent pas dans le cadre de mon aventure…j’en donnerais peut-être les détails un autre jour.
Je sentis assez rapidement l’effet du Mana. Lors de mes voyages, j’avais acquis la faculté de contrôler rapidement le Mana. Je me décidai à lancer un sort simple… encore fallait-il savoir lequel… Pour cet essaie, je pris pour cible un gros rocher. Je ne voulais pas risquer de blesser quelqu’un…même pas ceux qui me suivaient depuis la Division du Chemin.
Je me concentrai, visualisant les Montagnes puis la caverne oubliée. Ce n’est pas la meilleure méthode pour invoquer le Mana. Ce n’est pas plus La méthode des vrais Initiés du Mana. Mais cette méthode avait la qualité de ne pas trop fatiguer. J’avais utilisé l’équivalent de deux Mana Rouge… Il enflammait mon sang. Je dis alors calmement « Marteau Volcanique ». Un marteau en fusion se matérialisa entre mes mains. Je le pris et me dirigeai vers le rocher. Je frappai. Le rocher explosa alors dans un formidable bruit qui fit sursauter les chevaux et les espions. Ma victime de granite n’était plus qu’un tas de rocailles minuscules. J’étais fière de moi. Et après cette action, je repris ma route.

Le vent était toujours aussi froid et le chemin toujours plus dur. Mais je sentais moins l’oppression du Mana Rouge et de son pouvoir. Au contraire, chaque nouveau paysage me permettra d’accroître mes pouvoirs rouges, à défaut d’avoir une Pierre Magique. J’en avais six. Deux Blanches venant de Clitar-nhé la ville blanche au Nord de la Grande Plaine, deux Vertes venant de la Colline-aux-Cédres et deus Bleues venant d’Enasil l’île Elfique de l’Extrême Ouest.
Les inconnus me suivaient toujours. Je les sentais même s’approcher de plus en plus de nous. Je n’avais pas encore réussi à savoir qui ils étaient. Apparemment, ils ressemblaient à des Hommes. Mais eux avaient l’art de se fondre dens ces paysages. Sûrement grâce à la Traversée des Montagnes. Capacité qui me serait bien utile.
Je fis de nouveau un arrêt. Les chevaux étaient fatigués. Je pensai alors qu’il faudrait nous arrêter jusqu’à demain. L’après midi était bien avancée et le soleil, encore haut, se dirigeait vers l’horizon caché par les montagnes.
Je descendis de Brego qui partit avec Pied-de-lait en quête de quelques végétaux roussis. Je leur donnai du Lembas et en mangeai moi-même un peu.
Je vérifiais mes réserves de nourriture dans mon sac quand le ciel s’assombrit. Le soleil devait être caché par quelques nuages. Mais quelle fut ma surprise quand les chevaux hennirent violemment ! Leur réaction était étrange, comme celle des Hommes…
Ces derniers bondirent de leur cachette et accoururent à grand cri sur le chemin, complètement paniqués, laissant tomber leurs lances. Je levai alors les yeux pour identifier la raison de cette soudaine peur. Je vis alors un bien étrange nuage. C’était immense. Je décidai donc de suivre ces Hommes tout en gardant un œil sur l’étrange machine semblant tout droit sortir d’une de ces usines infernales des Anciens Sorciers.


Chapitre 10
Le royaume perdu


Les hommes courraient rapidement. Je pouvais les suivre grâce à mon pas léger mais je n’aurais jamais cru que cette espèce pouvait courir aussi vite sur un chemin aussi accidenté. Ils étaient totalement paniqués et regardaient sans cesse la machine volante.
Nous arrêtions de monter. Nous étions certainement sur un plateau. Je ne voyais aucun signe de vie ou d’habitation et les Hommes continuaient leur course folle. Devant eux, les deux parois de la vallée déjà encaissée semblaient se rapprocher jusqu’à ne laisser un passage aussi large qu’un cheval de trait. Cette entrée déboucha alors sur un grand cirque et devant moi se présentait le village des Hommes.
Autour de ce cirque, dans la paroi, des maisons troglodytes étaient creusées. Il y avait au centre quelques arbres et de la verdure ainsi qu’un immense jardin potager où des femmes s’occupaient de soigner les plants pendant que les hommes arrosaient une autre partie du jardin en prenant l’eau du puit central ou de la source qui jaillissait miraculeusement d’entre les roches.
Des enfants qui jouaient devant les trois espions s’arrêtèrent pour leur laisser le passage, l’air intrigué par l’inquiétude de leurs aînés. Ils le furent d’avantage lorsqu’ils me virent avec les deux chevaux à ma suite. Cette curiosité gagna rapidement tout le village. Hommes et Femmes stoppèrent leurs activités et leurs bavardages. Mais cette curiosité vira à l’inquiétude puis à la panique lorsque deux des trois humains s’arrêtèrent et crièrent à la foule :
« Le sorciers de la côte…le sorcier et son nuages maléfique arrivent…cachez-vous tous, fuyez tous ! »
Je décidai de suivre le troisième mais il me distançait à cause de la foule paniquée. Les mères appelaient leurs enfants, les familles courraient dans tous les sens pour rejoindre leur foyer et les hommes, probablement des guerriers, prenaient leurs arcs et lances et se mettaient à leur poste.
L’homme que je suivais se dirigeait vers une sorte de magnifique palais dont la façade était creusée dans la roche. Il était aussi grand que la Pyramide de la ville des Trois Souverains. De superbes colonnes décoraient admirablement bien ce bâtiment et ne laissait pas indifférent le cœur d’un Elfe. Même le plus orgueilleux des nains ne resterait pas insensible.
L’homme était essoufflé et se fatiguait vite à présent. Je commençais à le rattraper. J’étais juste derrière lui lorsqu’il rata une marche. Il serait tombé si je ne l’avais pas rattrapé. Je l’aidai à gravir les dernières marches et nous rentrâmes à deux dans le palais. Il se précipita vers une immense porte de bois blanc en face de nous. Nous débouchâmes dans une incroyablement grande salle creusée dans la montagne. Des colonnes soutenaient le plafond décoré de frises richement colorées contrastant avec le gris morne et sombre du reste de la salle. Elles racontaient l’histoire de ce peuple mais je n’avais guère le loisir de les étudier.
Lorsque le coureur s’arrêta, il s’inclina vivement devant un vieil homme assit sur un trône d’argent dont les poignées étaient composées de rubis et d’autre pierres polis ressemblant à du mana inactif.
« Mon Roi…le sorcier arrive…dans quelques minutes, il sera sur nous… Que doit-on faire ? Quels sont vos ordres ? Demanda t-il à l’homme.
- Maudit soit ce mécréant…qu’il périsse avalé par un de ces Dragons des Mers Lointaines… Nous devons attendre et nous défendre…
Il se leva péniblement et continua
- appelles tous les combattants valides. Hommes et Femmes. Qu’ils préparent leurs arcs !
- Mais Sire, nous ne tiendrons jamais à ce sixième assaut !
-Pas de défaitisme mon garçon. Vas maintenant, que je vois quelle créature tu nous as amené » déclara-t-il en me dévisageant intensément.
J’étais légèrement outrée par ce terme de « créature » Les Elfes sont plus nobles que de simples Hommes. Le coureur se leva, fit un salut à son roi, se retourna et me regarda à son tour, surpris. Il n’avait pas remarqué ma présence jusqu’ici. Il se remit à courir vers la sortie pour mener à bien sa mission.

Le roi se tourna de nouveaux vers moi lorsque son sujet fut hors de vue. Il m’observait comme le ferait un écureuil face à une lame d’épée : avec curiosité et méfiance. Sa voix grave et aussi autoritaire que précédemment lança :
« Qu’es-tu pour nous importuner de la sorte ?
- Que suis-je ? Voilà une bien étrange question pour un souv…
-Réponds ! Hurla-t-il
-et bien ! Répondis-je passablement outrée par ce comportement mais essayant de rester la plus courtoise possible. Je vais vous répondre, puisque vous n’avez pas l’air de vous y connaître en « créature » de ce monde…
-Je…
-Hep, fis-je plus rapidement. Je me nomme Arwen, je suis Elfe de Profonde-forêt au-delà de Brinbois et voisin de la Krosia et fille de Enalir Seigneur de la Colline-aux-Erables. Je suis aussi émissaire de la Ville des Trois Souverains de la SMF, au centre de la Grande Plaine. Je cherche à rejoindre la Petite Plaine pour des affaires qui ne vous concerne en rien. Cela vous convient-il ?
-Je n’ai que faire de vos affaires et ne connais rien des lieux cités
Il s’arrêta et poursuivi quelque seconde après d’une voix plus timide et arborait un air gêné :
-mais, je suis confus de l’accueil que je vous ai réservé Noble Elfe…Mais comprenez qu’en ces temps de guerre avec ce mystérieux sorcier et le fait que je n’aie jamais rencontré de... d’Elfe.
-Cela n’est rien... »
Un grand bruit se fit entendre suivi de hurlement et de sifflements de flèches. Le Roi pâli et était décomposé par la peur. Il me regarda et me supplia :
« Ô Noble Elfe, aidez-nous, aidez moi… je ne sais que faire…Ce sorcier nous attaque depuis trop longtemps avec des armes des créatures étranges et des forces maléfiques que nous ne pourrons jamais vaincre !
-Ce sorcier ne fait qu’utiliser la Science du Mana…Pourquoi ne faites vous pas de même ?
-La Science du Mana ? Mais le Mana n’est qu’un simple minéral tout juste bon à orner mon trône !
-Vous ne connaissez rien de la Magie ?
-La Magie n’existe pas voyons !
-Au contraire, Sire. La Magie est tout et partout. Sans elle, le monde ne serait pas…Ne sentez-vous pas une force étrange venant de la Montagne ?
-Certes…Donc, cette Force serait utilisable ? Voilà une bien incroyable idée…
-c’est pourtant le cas. Si ce sorcier a des pouvoirs, c’est grâce au Mana. Il l’utilise pour ses sortilèges et pour l’apparition de ses créatures grâce à l’apprivoisement ou aux pactes de Mana…mais ceci est trop technique pour être expliqué ainsi.
- On dirait presque entendre Tharic, murmura-t-il. Vous, Vous connaissez cette science ?
-Je la pratique, en effet…bien que je sois rouillée en ce qui concerne les duels…
-Aidez-nous donc ! Nous ne connaissons rien à ce sujet, nous sommes des proies faciles pour ce misérable…Ces histoires de magie n’existent que dans les Histoires que mon Conseiller essaie de traduire de ces murs. Ce sont les Histoires des Anciens. Elles parlent paraît-il de Légendes…
Je regardais ces frises et vis une personne intéressante :
-Lui, par ici est une Légende. C’est Gerrard de l’Aquilon… Je vous aiderais donc…mais à une seule condition.
-Oui, tous ce que je pourrais vous obtenir… dit-il avec inquiétude
-De la nourriture pour mon prochain voyage pour moi et pour mes chevaux.
-C’est tout ?
-oui
-Très bien ! Vous ferez aussi partie de ces légendes aussi !
-Très peu pour moi… Les honneurs ne me conviennent pas. D’autant que rien n’est gagné. »
Je fus interrompu par un énorme cri venant d’une créature tombée contre le palais le faisant trembler jusque dans ces fondations. Un homme entra dans la salle, blessé, terrorisé et couvert de sang.
« Sire…il repart…Nous avons eu une de ses créatures…Il a dit qu’il reviendrait demain à la même heure… »
Le roi me regarda soigner l’épaule de l’Homme avec un regard implorant. Me relevant, je lançai d’un air assuré :
« Très bien, je serais prête… »


Chapitre 11
Thérantia


Après un grand repas avec un Roi très tendu et muet, j'avais dormis dans une somptueuse chambre décorée d'objet d'un artisanat humain ancien. Il y avait de magnifiques tapis dans toute la pièce et de nombreuses choses à l'utilité douteuse étaient posées sur des meubles en bois précieux. Ils étaient gravés de fleurs et de feuilles, le tout vernis, faisant du plus bel effet. Au mur, des tapisseries décrivant des scènes de chasse dans une plaine et des tableaux aux sujets divers étaient accrochés. Mais un seul avait attiré ma curiosité. Il se trouvait juste en face du lit à baldaquin drapé de tissus de soie vert tendre. Il représentait fidèlement la forêt. L'Homme qui avait peint ceci devait connaître les Elfes pour mettre dans de cœur et de talent pour un « simple arbre ». Car seul le contact avec les Elfes pouvait ouvrir l'esprit des Hommes parfois aussi aveugle qu'un gobelin en matière de beauté. Ils ne voient pas la Nature. Ils ne ressentent pas se force. La signature en bas à droite confirmait mon hypothèse, elle était écrite en Elfique Ancien, langue que je parlais dans ma lointaine enfance.
Je me dirigeai vers la fenêtre. Ce n'est qu'à cet instant que je réalisai l'heure très matinale à laquelle je m'étais levée. Les parois du cirque cachaient le lever du soleil mais je devinai que l'astre venait de paraître par la clarté du ciel limpide et par les jeunes rayons nouvellement nés qui touchaient doucement des nuages aux tons or et rosé.
Mon regard quitta le ciel pour se poser sur la Grand Place nappée dans les ombres de la nuit qui se terminait et constellée de petites flammes allumées par les habitants craignant pour leur vie. J'y vis l'Arbre Eternel un peu à droite du centre de la Place. Il avait de grandes feuilles persistantes d'un vert profond mais je doute que même un arbre caduc perde son feuillage dans ce cirque où il règne une douceur printanière dans cet hivers pourtant bien avancé et qui avait promis d'être plus rude. Je promenais mon regard sur le vaste jardin où poussaient toute l'année légumes et fleurs de toute sorte. Puis, je vis la porte. Des Hommes armés surveillaient l'entrée. C'est alors que je remarquai le prolongement de la ville sur la gauche de cette porte. Des dizaines de maisons dans la paroi étaient visibles mais il semblait plus que probable que d'autres se situaient plus loin dans ce canyon. Ce n était pas un village ou une ville mais c'était bien d'un pays qu'il s'agissait.


Après cette longue observation, je décidai d'explorer cet immense palais et d'y étudier les étranges frises de la grande salle. Je sortis lentement et silencieusement de la chambre. J'étais à présent dans un long couloir. Tout était d'un calme, un faux calme. Je sentais l'inquiétude et la tension roder avec le léger courant d'air qui me frôlait le visage.
Après quelques minutes dans de nombreux couloirs aussi richement décorés que la chambre, je descendis un escalier en colimaçon. Il était creusé dans la montagne même, comme tout ici. Malgré l'admirable fabrication de toutes ces pièces et couloirs, il semblait que l'art de les construire était perdu dans les méandres de la mémoire des Hommes car certains détails de sculptures témoignaient du manque d'entretient. J'arrivai enfin dans le grand hall où j'avais poursuivi le Coureur. J'avais devant moi la porte de la salle

Alors, c'était comment ?

Complétement fou !

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Abscon, abjecte, inadmissible !

  0


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15 Louange(s) chantée(s) en coeur



Lecrapo
Le 21/08/2013

Très bon, il serait cependant sympathique que tu continue à parler du soleil au féminin et de la lune au masculin à la manière des elfes à chaque fois et non seulement au début (oui je suis pointilleux).

Note : 9/10

Chaos Angel
Le 13/05/2007

Ayant enfin fini de lire la seconde partie publiée de cette fabuleuse histoire, je reviens içi afin de te mettre le dix amplement justifié que tu mérites.

Note : 10/10

cerbere22
Le 10/01/2007

Génial !!!!!!!!!! L'histoire est bien complète, et on retrouve bieen l'univers des elfes. A quand une autre histoire ? Bravo !

Note : 10/10

alex salvaire
Le 29/09/2006

Ouai!!!! eh ben t'a pas chaumé pour se truc (euhh article)( euhh histoire voila)les chapitre sont geniaux c'est bien ecrit et ta du te prendre 100 point de plus!!!!!

Note : 10/10

Metis the Darkmind
Le 13/09/2006

Complet, bien écrit, captivant et long à souhait. Un vrai plaisir.

Mon ordi me dit q'un commentaire mérite plus d'explications alors j'ajoute que j'attends avec impatience la (les ?) suite(s) et fin.

Note : 10/10

Skyion
Le 06/01/2006

Que dire d'autre à part que c'est parfait ! J'ai beaucoup d'enseignements à en tirer, car je ne vous cache pas qu'avant de visionner cette histoire, j'ai moi-même commençé à en écrire une ! Il me faudra sans doute des mois pour la finir, mais ce ne sera pas de trop pour bien la ficeler.

Au fait Arwen, Ylloh t'a t-il parlé de l'article sur les Femmes et Magic que je projette d'écrire ? Ce dernier semble apprécier l'idée. Il s'agira de parler des femmes joueuses de Magic bien sûr, mais aussi de leur profil dans les illustrations, et des héroïnes (et méchantes) emblématiques de l'histoire du jeu.

En attendant, que l'ange de platine soit avec toi, verdoyante Arwen...

Note : 10/10

strike
Le 05/01/2006

hoooooooo je suis fou des elfes c est trop mignion !!! la suite !!! quand meme tu fais un tres bon écrivain !

By $trike

Note : 10/10

Arwen
Le 19/10/2005

hum... si, ily a la 2eme partie de publiée... et un chapitre en préparation... alors bon...

et puis je n'ai pas forcément tout mon temps pour écire.. ^^

Nhoj
Le 14/07/2005

lol, depuis juin 2003 y a toujours pas la suite :D kcdr.si j'avais su je me serais arreté avant.Mais c'est ta faute aussi Arwen, c'est trop bien raconté...pas pu m'arreter.

jeans
Le 29/07/2004

super j'adore surtout le passage du combat dans la ville en cendre avec exter et les autres aussi sont super et en plus y a une super intrigue.

Note : 10/10

veldaken
Le 25/07/2004

Bravo Arwen!J'adore ton histoire et j'attend avec impatience la suite!J'aime trop le passage avec les brigands et Pouy.Je suis fan des Elfes!

Note : 10/10

Arwen
Le 15/07/2004

lol, on se calme mon cher.... si tu veux, je te l'envoie par mail, si tu ne peux pas attendre ^^

et puis j'écris le chapitre suivant, et je dois modifier certaine chose des autres chapitres

Arwen
Le 28/06/2004

Maieuh... c'est quoi ça! arf, je vais en parler à Ylloh...

merci de la remarque et du 10 ^^

Arwen, une Elfe qui se dit qu'elle devrait continuer la suite...

Exterminateur
Le 28/06/2004

Bon bah je ne note pas paske c'est pas fini, mais je suis un grand fan :D
Allé Arwen, tu peux le faire, l'inspiration arrive !

vedalkendu57
Le 28/06/2004

cool ton histoire,elle est tres interessante et j'atend la suite avec impatience!!!
ps:arg une partie de ton histoire(le duel contre le mage bleu) a etait effacer

Note : 10/10